puce - Diagnostic électrique obligatoire : décret du 22 avril 2008:

Le décret du 22 avril 2008 publié au JO du 24 avril 2008 détaille le contenu du diagnostic électrique obligatoire à partir du 1er janvier 2009 pour toutes les ventes de logements de plus de quinze ans.

  • Art. R.134-10. L’état de l’installation intérieure d’électricité prévu à l’article L. 134-7 est réalisé dans les parties privatives des locaux à usage d’habitation et leurs dépendances, en aval de l’appareil général de commande et de protection de l’installation électrique propre à chaque logement, jusqu’aux bornes d’alimentation ou jusqu’aux socles des prises de courant. L’état de l’installation intérieure d’électricité porte également sur l’adéquation des équipements fixes aux caractéristiques du réseau et sur les conditions de leur installation au regard des exigences de sécurité.
  • Art. R.134-11. L’état de l’installation intérieure d’électricité relève l’existence et décrit, au regard des exigences de sécurité, les caractéristiques:
    • d’un appareil général de commande et de protection et de son accessibilité;
    • d’au moins un dispositif différentiel de sensibilité appropriée aux conditions de mise à la terre, à l’origine de l’installation électrique;
    • d’un dispositif de protection contre les surintensités adapté à la section des conducteurs, sur chaque circuit;
    • d’une liaison équipotentielle et d’une installation électrique adaptées aux conditions particulières des locaux contenant une baignoire ou une douche.

L’état de l’installation intérieure d’électricité identifie:

  • les matériels électriques inadaptés à l’usage ou présentant des risques de contacts directs avec des éléments sous tension;
  • les conducteurs non protégés mécaniquement.

Pourquoi l’électricité peut-elle être dangereuse ?

L’électricité est le déplacement de très petites particules (les « électrons ») dans un matériau conducteur, par un exemple un métal. Les fils de votre installation sont ainsi constitués de cuivre (éventuellement d’aluminium).

3 grandeurs fondamentales caractérisent l’électricité :

  • la tension, exprimée en volts (V), éventuellement en kilo-volts (kV) ou en millivolts (mV). C’est la force avec laquelle les électrons sont mis en mouvement dans les fils électriques. Plus elle est élevée, plus le risque d’électrocution est grand. La tension peut être comparée à la “ hauteur ” d’une chute d’eau ;
  • l’intensité, exprimée en ampères (A), (parfois en milliampères (mA), voir fonction différentielle). C’est le nombre d’électrons passant dans un fil conducteur en une seconde. Plus ce nombre est élevé, plus le risque d’électrocution est important. L’intensité du courant électrique peut être comparée au débit d’un cours d’eau ;
  • la résistance, exprimée en ohms (). Comme son nom l’indique, cette grandeur représente la résistance offerte par un matériau quelconque au passage du courant électrique. Elle peut être comparée au diamètre plus ou moins gros d’un tuyau d’eau. Plus cette résistance est faible, plus le risque d’électrocution est grand. Ces trois grandeurs sont liées par une relation simple, appelée loi d’ohm : U ≡ R × I

Les risques de l’électricité :

L’électrisation : c’est apporter du courant électrique dans un corps quel qu’il soit.
L’électrocution : c’est une électrisation mortelle due à un contact avec trop d’électricité.

Dans votre salle de bains ou de douche, faites particulièrement attention à votre installation électrique. En effet, l’eau favorise le risque d’électrocution.

La quantité d’électricité reçue lors d’une électrisation se note Q ; elle s’obtient en multipliant l’intensité du courant électrique (I, en ampères) par son temps de passage (t, en secondes) dans le corps : Q = I x t

Une tension électrique appliquée à un corps, dont la résistance, trop faible, laisse passer trop de courant pendant trop longtemps… c’est l’électrocution !

La quantité d’énergie (W, en joules) W = U x I x t reçue par le corps est beaucoup trop élevée par rapport à ce qu’il peut supporter.

Les règles d'une bonne installation

Voici les cinq dispositions minimales qui permettent d'assurer la sécurité électrique des logements existants :

Présence d'un appareil général de commande et de protection de l'installation

Dans la grande majorité des cas, il s'agit du disjoncteur de branchement installé par EDF dans le logement. Si ce n'est pas le cas (quand le disjoncteur est à l'extérieur), il doit y avoir à l'intérieur un interrupteur général permettant de couper le courant dans tout le logement.

Présence d'une prise de terre et d'une protection différentielle

La prise de terre permet d'écouler les courants de défaut vers la terre. La protection différentielle contrôle ces courants de défaut et coupe l'alimentation lorsqu'ils deviennent dangereux. L'absence de l'un de ces éléments importants fait courir un risque d'électrocution.

1. Absence de prise de terre et de différentiel : électrocution garantie.
2. Présence d'un différentiel mais absence de prise de terre : choc électrique garanti et risque d'électrocution.
3. Présence d'une prise de terre mais absence de protection différentielle : choc électrique garanti et risque d'électrocution.
4. Présence d'une prise de terre et d'un différentiel : aucun risque.

Les deux composants du couple "réseau de terre & protection différentielle" sont donc indissociables, l'un ne pouvant pas remplacer l'autre. Enfin, la protection différentielle doit être adaptée aux conditions de mise à la terre.

Présence d'au moins un tableau de répartition et de protections adaptées à la section des fils électriques

Ces dispositifs de protection des circuits de l'installation électrique doivent être regroupés, en un ou plusieurs lieux. Le calibre des disjoncteurs divisionnaires ou des cartouches fusibles des coupe-circuit ne doit pas être supérieur au courant que peut faire circuler le fil électrique. Ces protections permettent d'éviter une forte augmentation anormale du courant dans les fils électriques et, par conséquent, les échauffements (surcharges ou court-circuits) pouvant entraîner leur détérioration et provoquer des incendies.

La salle d'eau

Les salles d'eau et salles de bains présentent des risques spécifiques du fait de la présence d'eau. Elles doivent donc faire l'objet d'attentions particulières.

Une liaison dite “équipotentielle” doit relier tous les éléments conducteurs entre eux ainsi qu'à la prise de terre : corps métalliques des appareils sanitaires, canalisations métalliques, menuiseries métalliques, etc.

Elimination de tout risque de contacts directs avec des éléments sous tension : conducteurs dénudés, bornes électriques accessibles et autres appareillages détériorés sont à proscrire formellement. De même, les fils électriques doivent être protégés par des conduits, des moulures ou des plinthes.

Conseils pour un bon usage

L'énergie électrique est une compagne précieuse dans la vie de tous les jours (éclairage, chauffage, cuisine, etc.) mais qui peut se révéler dangereuse par simple négligence ou par méconnaissance des risques. Pour faire bon ménage avec l'électricité et éviter les accidents, il suffit de respecter certaines règles simples !

Ce qu'il ne faut jamais faire :

  • ne jamais utiliser un appareil électrique avec les mains mouillées ou les pieds dans l'eau... et surtout pas lorsque l'on est dans son bain ou sous sa douche ;
  • ne jamais nettoyer un appareil ou changer un de ses éléments sans l'avoir, au préalable, débranché ;
  • ne jamais débrancher un appareil d'une prise électrique en tirant sur le fil ;
  • ne jamais intervenir sur une installation électrique sans avoir d'abord coupé le courant au disjoncteur général (même pour changer une ampoule) ;
  • éviter d'utiliser des prolongateurs (rallonges) ou alors utiliser des prolongateurs NF avec broches protégées et jupe de protection ;
  • ne pas surcharger l'installation électrique ;
  • ne jamais réparer ou "bricoler" un téléviseur lorsqu'il est allumé ou tout juste débranché (il contient de l'électricité statique) ;
  • ne jamais laisser un appareil branché inutilement (fer à repasser, perceuse, robot ménager, etc.) ;

À ne pas oublier

  • apprendre aux enfants les principales règles de sécurité électrique et les dangers liés à une mauvaise utilisation de l'électricité ;
  • si possible, faire poser au moins un dispositif différentiel à haute sensibilité (inférieure à 30 mA) protégeant l'ensemble de l'installation ;
  • respecter impérativement et strictement les règles de sécurité propres à la salle d'eau ;
  • utiliser toujours un matériel marqué NF ;
  • faire changer immédiatement tout appareillage ou matériel électrique endommagé (prise de courant, interrupteur, fil dénudé, etc. ) ;
  • pour la sécurité des enfants, penser à faire remplacer les prises de courant par des prises de courant à éclipse de sécurité (dont les trous sont fermés et ne s'ouvrent que sous la poussée simultanée des deux broches d'une fiche) ;
  • éviter les jouets électriques qui se branchent directement sur une prise : ne donner aux enfants que des jouets alimentés avec des piles ou via un transformateur de sécurité.

Que faire en cas d'accident ?

  • couper le courant au disjoncteur ;
  • éloigner l'électrisé inconscient de la source électrique avec un objet non conducteur (bois très sec, plastique) en s'isolant soi-même pour ne pas courir le risque de s'électrocuter en chaîne ;
  • appeler les secours (SAMU, pompiers, etc.) ;
  • commencer les gestes de réanimation (massage cardiaque, bouche-à-bouche) si nécessaire et si ces gestes sont maîtrisés.

La salle de bains, une pièce où la vigilance s'impose

Choix des matériels

Tous les circuits qui desservent un local contenant une baignoire ou une douche doivent être protégés par un ou plusieurs dispositifs différentiels à haute sensibilité (30 mA), sauf les circuits en très basse tension de sécurité (limités à 12 volts dans les pièces d'eau) ou en aval d'un transformateur de séparation.

Respect des volumes de sécurité

L'espace de la salle de bains se divise en quatre volumes, chaque volume impliquant des consignes de sécurité à respecter. C'est logique : plus on s'approche de la baignoire ou de la douche, plus le risque est grand et plus les règles de sécurité sont importantes.
volume
Volume 0 : la baignoire ou la douche Tout matériel électrique (sèche-cheveux, rasoir, téléphone portable, etc.) est interdit.
Volume 1 : au-dessus la baignoire ou du bac à douche Ne sont autorisés que les appareils d'éclairage ou les interrupteurs alimentés en Très Basse Tension de Sécurité 12 V (TBTS 12 V). Pour ces appareils électriques, on veillera à ce qu'ils portent la marque NF et soient protégés contre les projections d'eau.
Volume 2 : 60 cm autour de la baignoire ou du bac à douche Pour ce volume, tous les matériels tels qu'appareils de chauffage électrique ou appareils d'éclairage doivent être de classe II, porter la marque NF et être protégés contre la pluie (seules sont admises les prises "rasoirs" équipées d'un transformateur de séparation).
Volume 3 : au-delà des 60 cm Pour ce dernier volume, sont admis les appareillages électriques et les matériels électriques de classe I, les prises de courant de type 2P + T et les boîtes de connexion. Ils doivent porter la marque NF et être protégés contre les chutes verticales de gouttes d'eau (ou IPX 1).

Enfin, quand ils ne peuvent être placés ailleurs, les chauffe-eau électriques sont admis dans les volumes 1 et 2, mais ils doivent :

  • être alimentés en 230 V (chauffe-eau électrique instantané ou chauffe-eau électrique à accumulation de type horizontal, placé le plus haut possible) ;
  • respecter les deux conditions suivantes : les canalisations d'eau doivent être réalisées en matériau conducteur, et le circuit d'alimentation en énergie électrique doit être protégé par un dispositif différentiel haute sensibilité inférieure à 30 mA.